Contrairement à ce que laisse croire son univers mythologique, Pandore n’a pas été tourné en Grèce. Le jeu événement de M6 a posé ses caméras dans le sud de l’Espagne, à Osuna en Andalousie, au cœur de décors antiques et naturels spectaculaires, soigneusement choisis pour donner l’illusion de l’Antiquité.
Osuna, le vrai décor de Pandore
Le voyage promis par Pandore n’emmène pas les téléspectateurs sur les terres d’Athènes ou de Delphes, mais bien sous le soleil brûlant de l’Andalousie. C’est à Osuna, dans la province de Séville, que la production a installé son camp de base. Un choix loin d’être anodin. Cette ville espagnole, déjà prisée par le cinéma et les séries internationales, offre un concentré de paysages capables de recréer à l’écran une ambiance antique crédible et immersive.
Entre vestiges romains, arènes à ciel ouvert, grottes naturelles et formations rocheuses impressionnantes, le décor est immédiatement saisissant. À l’écran, Pandore ne ressemble jamais à un plateau de télévision classique. Tout respire le minéral, le brut, le réel. Un décor qui donne au jeu une dimension presque cinématographique, loin des standards habituels du divertissement.
Des sites antiques taillés pour la télévision
Autour d’Osuna, la production a exploité plusieurs sites historiques emblématiques, dont Itálica, célèbre cité romaine située non loin de Séville. Ce lieu, déjà utilisé par de nombreuses productions internationales, est connu pour ses ruines spectaculaires et son atmosphère hors du temps. Des pierres chargées d’histoire, des perspectives naturelles, des arènes antiques… tout est déjà là.
Ce choix permet d’éviter la construction de décors artificiels lourds et coûteux. La caméra n’a plus qu’à capter ce que la nature et l’histoire offrent. Résultat à l’écran, Pandore bénéficie d’un rendu visuel authentique, parfois impressionnant, qui renforce l’intensité des épreuves et l’impression de danger permanent.
Le spectateur n’est pas face à un jeu, mais plongé dans un univers. Et c’était précisément l’objectif recherché par la production.
Pourquoi l’Espagne plutôt que la Grèce ?
La question revient souvent chez les téléspectateurs. Pourquoi un jeu inspiré de la mythologie grecque n’a-t-il pas été tourné en Grèce ? La réponse est avant tout pragmatique. L’Andalousie offre une combinaison idéale entre décors naturels, infrastructures de tournage, stabilité climatique et maîtrise des coûts.
En septembre, période choisie pour le tournage de Pandore, le climat andalou est chaud, sec et prévisible. Peu de risques de pluie, une lumière naturelle constante et des journées longues, parfaites pour des tournages en extérieur. À l’inverse, la Grèce, plus exposée à certaines contraintes logistiques et administratives, représente souvent un défi plus complexe pour ce type de production.
L’Espagne est aussi une terre de tournage très rodée. Les autorités locales sont habituées à accueillir des équipes internationales, les accès sont facilités et les coûts restent plus contenus. Pour une émission comme Pandore, tournée hors studio et nécessitant de lourds dispositifs techniques, ce facteur pèse lourd dans la balance.
Un tournage éprouvant pour les candidats
Si le décor fait rêver à l’écran, la réalité du tournage a été bien plus rude pour les participants. Tourner en extérieur, dans des grottes, sur des sites rocheux ou sous un soleil écrasant, implique des conditions physiques exigeantes. La chaleur andalouse de septembre, parfois étouffante, a mis les organismes à rude épreuve.
Les équipes techniques ont dû composer avec des contraintes importantes. Éclairage spécifique dans les cavernes, sécurisation des accès, adaptation des caméras aux reliefs naturels, tout a été pensé pour garantir la sécurité sans casser l’immersion visuelle. Rien n’indique que des incidents majeurs aient eu lieu, mais le défi logistique était réel.
À l’écran, cette difficulté se ressent. Les visages marqués, la fatigue visible, la tension permanente participent à l’intensité du programme. Pandore n’est pas un jeu confortable, ni pour ceux qui y participent, ni pour ceux qui le fabriquent.
Un décor spectaculaire… mais est-ce suffisant ?
Visuellement, Pandore coche presque toutes les cases. Le cadre est grandiose, crédible, immersif. On est loin des jeux enfermés dans des hangars ou des studios. Pourtant, malgré ce soin apporté aux lieux de tournage, les audiences n’ont pas suivi.
La question se pose alors naturellement. Le décor peut-il à lui seul porter un programme ? La réponse semble être non. Si le cadre renforce l’identité du jeu, il ne compense pas tout. Les téléspectateurs se connectent avant tout pour le concept, le rythme, les mécaniques de jeu et l’attachement aux candidats.
Le paradoxe est là. Pandore est beau, impressionnant, parfois même spectaculaire. Mais cela n’a pas suffi à enrayer la baisse des audiences, au point que la finale a été avancée sur M6 face à des chiffres jugés insuffisants.
Osuna, un lieu accessible mais pas dans les mêmes conditions
Pour les curieux qui souhaiteraient marcher sur les traces de Pandore, Osuna est une ville parfaitement visitable. Les sites antiques, notamment Itálica, sont ouverts au public, souvent via des billets ou des visites guidées. Les arènes et vestiges romains font partie du patrimoine local et attirent chaque année de nombreux touristes.
En revanche, il faut être clair. Les zones précises utilisées pour le tournage ont parfois été aménagées, privatisées ou transformées temporairement pour les besoins du jeu. Il est donc peu probable de retrouver les lieux exactement tels qu’ils apparaissent à l’écran. La magie de la télévision passe aussi par là.
Mais l’essence du décor, elle, est bien réelle. Et la sensation d’aventure reste intacte lorsque l’on découvre ces paysages en vrai.
Un choix cohérent avec l’ambition du programme
Malgré ses difficultés d’audience, Pandore reste une émission ambitieuse. Le choix d’Osuna et de l’Andalousie s’inscrit pleinement dans cette logique. Offrir un cadre crédible, puissant, presque mythologique, sans tomber dans le carton-pâte ou l’artifice numérique.
Ce parti pris visuel distingue clairement Pandore d’autres divertissements récents. Là où certains formats misent tout sur le plateau ou les effets spéciaux, M6 a choisi le réel, le minéral, le terrain. Une approche plus risquée, mais aussi plus exigeante.
Une immersion qui restera comme l’un des points forts
Si Pandore ne devait pas revenir pour une nouvelle saison, le jeu laisserait au moins une trace sur le plan esthétique. Beaucoup de téléspectateurs l’ont reconnu. Même ceux qui n’ont pas accroché au concept ont salué la qualité des décors et l’effort de production.
Osuna et ses sites antiques auront permis au programme d’exister visuellement, de marquer les esprits, même brièvement. Dans un paysage audiovisuel saturé, ce n’est pas rien.
Pandore, un voyage ailleurs que prévu
En définitive, Pandore n’a pas ouvert la boîte là où on l’attendait. Pas en Grèce, mais en Espagne. Un détour géographique qui fonctionne à l’écran et qui prouve une nouvelle fois que l’illusion télévisuelle repose autant sur le choix des lieux que sur le récit proposé.
Osuna, en Andalousie, aura été le véritable théâtre de cette aventure. Un décor spectaculaire, chargé d’histoire, parfaitement adapté aux ambitions du programme. Un choix économique et logistique assumé, et visuellement bien plus solide que certains pouvaient l’imaginer.
Reste une question en suspens. Un si beau décor peut-il suffire à convaincre durablement le public ? Pour Pandore, la réponse semble déjà écrite. Mais le voyage, lui, valait le détour.
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