Pandore et L’Anneau : M6 et France 2 se livrent une bataille serrée

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Pandore sur M6 ou L’Anneau sur France 2. Mardi soir, impossible de choisir sans renoncer. Deux jeux, deux ambiances, deux chaînes majeures… et un même créneau horaire qui a forcé les téléspectateurs à trancher. Résultat : un duel frontal, des audiences partagées et une frustration bien réelle pour les amateurs de jeux télévisés.

Car les chiffres sont là. France 2 avec L’Anneau a rassemblé 868 000 téléspectateurs pour 4,7 % de part d’audience. En face, M6 proposait la fin de Pandore, avec la diffusion des quatre derniers épisodes jusqu’à minuit, attirant 741 000 personnes pour 4,1 % de PDA. Deux scores proches. Deux propositions fortes. Et une certitude : regarder les deux en même temps était tout simplement impossible.

D’un côté, L’Anneau, jeu événement de France 2, pensé comme un rendez-vous spectaculaire, avec une mécanique claire, une montée en tension progressive et une réalisation très calibrée pour le service public. De l’autre, Pandore, concept plus feuilletonnant sur M6, qui misait sur l’attachement aux candidats et une diffusion exceptionnelle en rafale pour conclure l’aventure. Deux stratégies opposées. Deux visions du divertissement. Et un public pris en étau.

Personnellement, le choix a été cornélien. J’aime les deux jeux. L’Anneau pour son côté solennel, presque cérémonial, et cette idée de défi collectif qui repose sur la confiance et la stratégie. Pandore pour son univers, son rythme et cette façon de construire une histoire sur la durée. Mais à 21 heures, il a bien fallu accepter l’évidence. Impossible de suivre les deux en direct sans en sacrifier un. Alors la solution s’est imposée d’elle-même : le replay.

M6+ pour Pandore. france.tv pour L’Anneau. Une habitude devenue presque normale aujourd’hui, mais qui en dit long sur l’évolution des usages. Le direct reste important pour les chaînes, pour les annonceurs, pour la bataille des audiences. Mais pour les téléspectateurs, la flexibilité est désormais essentielle. Et ce duel en est l’exemple parfait.

Du côté de France 2, les chiffres montrent clairement une érosion. Lors de la première diffusion de L’Anneau, le mardi 31 décembre, le jeu avait attiré 1 091 000 téléspectateurs, avec une part d’audience solide de 6,1 %. Un lancement encourageant, porté par la curiosité et l’événement. Une semaine plus tard, le mardi 6 janvier, la seconde diffusion est retombée à 868 000 téléspectateurs et 4,7 % de PDA. Une baisse nette, qui s’explique en partie par une concurrence beaucoup plus frontale et par un contexte télévisuel moins favorable.

En face, M6 jouait une carte risquée mais assumée. Diffuser les quatre derniers épisodes de Pandore d’un seul coup, jusqu’à minuit, c’était clairement viser les fans les plus engagés. Le pari n’était pas de faire un carton massif, mais de proposer une vraie fin, sans étalement, sans frustration. Résultat : 741 000 téléspectateurs et 4,1 % de part d’audience. Un score modeste, mais cohérent avec une programmation tardive et une concurrence directe.

Ce qui frappe, au-delà des chiffres, c’est la similarité des performances. Aucune des deux chaînes n’écrase l’autre. Aucune ne s’effondre vraiment. Le public s’est réparti. Certains ont choisi France 2, d’autres M6. Et beaucoup, comme moi, ont décidé de ne pas choisir définitivement, en reportant l’un des deux programmes en replay.

Sur les réseaux sociaux, les réactions allaient dans le même sens. De nombreux internautes regrettaient cette programmation simultanée, parlant d’un “gâchis” ou d’un “choix impossible”. D’autres soulignaient la chance d’avoir deux jeux de qualité en même temps, preuve que le genre se porte bien. Mais une chose revenait sans cesse : pourquoi opposer deux programmes aussi proches dans leur cible ?

Ce duel pose une vraie question de stratégie. France 2 cherche clairement à installer L’Anneau comme un rendez-vous fort, capable de fédérer un large public. M6, avec Pandore, testait la fidélité de ses téléspectateurs jusqu’au bout, quitte à accepter des audiences plus confidentielles mais engagées. Deux logiques différentes, mais qui se sont percutées de plein fouet.

Et au final, qui gagne vraiment ? Difficile à dire. France 2 reste devant en nombre de téléspectateurs et en part d’audience. M6 peut se satisfaire d’avoir mené Pandore à son terme sans dilution, en conservant une base solide de fans. Mais le vrai gagnant, paradoxalement, c’est peut-être le replay. M6+ et france.tv deviennent des refuges pour ceux qui refusent de renoncer.

Ce mardi soir l’a montré une fois de plus : la télévision linéaire ne suffit plus toujours à contenir les envies du public. Quand deux programmes attractifs se retrouvent face à face, le téléspectateur moderne tranche… ou reporte. Et dans ce duel entre Pandore et L’Anneau, beaucoup ont choisi de ne pas choisir, préférant regarder l’un en direct et l’autre plus tard, tranquillement.

Reste à voir si France 2 parviendra à redresser les audiences de L’Anneau lors des prochaines diffusions, après la baisse enregistrée entre le 31 décembre et le 6 janvier. Et si M6 capitalisera sur Pandore pour proposer rapidement un nouveau jeu capable de fédérer sur la durée. Une chose est sûre : tant que les chaînes continueront à programmer des divertissements forts en frontal, les téléspectateurs continueront, eux, à jongler entre direct et replay.

Et parfois, comme ce mardi soir, à soupirer devant leur télécommande en se disant qu’ils aimeraient simplement avoir le don d’ubiquité.

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